C’est là ce qui bouleverse le monde : que nous négligions nos enfants, que nous prenions soins de leur fortune et dédaignons leur âme, admettant ainsi une conduite qui est le comble de la folie.
Une fortune considérable, opulente, si celui qui peut l’administrer selon la vertu n’est pas un homme sérieux, se perdra tout entière et disparaîtra avec lui, et elle sera pour son possesseur l’occasion du plus grave dommage ; mais un homme à l’âme généreuse et pleine de sagesse, même s’il n’a chez lui rien en réserve, pourra conserver sûrement les biens de tous.

Quelle indulgence méritez-vous, si vous voyez ses écarts d’un œil indifférent ? Que direz-vous ? Qu’il est malaisé à conduire et d’un caractère difficile ? C’est chose dont il fallait vous apercevoir au début ; quand il était tout jeune et maniable, il fallait le soumettre au frein rigoureusement, l’accoutumer au devoir, le dresser, réformer les infirmités de son âme. C’est dans le temps où cette âme était plus facile à cultiver qu’il fallait y sarcler les épines, au temps où, en raison de son âge plus tendre, elles s’arrachaient sans peine ; ainsi, ses passions n’auraient pas été négligées, elles n’auraient pas grandi, elles n’en seraient pas venu au point qu’il est difficile d’en triompher. « Courbe son col dès sa jeunesse » est-il écrit, quand son éducation peut être faite avec le moins de peine.
-Saint Jean Chrysostome